|
Je me suis dit «
finalement la France, c’est une Algérie française qui a réussi ».
L’écrivain, comédien, humoriste Fellag cédait récemment aux
habitudes franchouillardes. Acheter son journal, le lire au bistrot. Il
découvre que le plat préféré des Français est le couscous.
Stupéfaction. Les citoyens du pays de la bonne bouffe opteraient pour un
plat populaire arabe ? « Un moyen détourné pour nous dire que vous nous
aimez enfin ? ».
Il en a fait le thème de son nouveau spectacle Petits chocs des
civilisations. Ici, il s’en prend aux peurs tenaces, aux
préjugés à la peau dure qui opposent les Français aux Algériens,
l’Orient à l’Occident. Les problèmes de visas, de voitures ou de drague,
comme les clichés assassins et les terreurs profondes, jalonnent les
pièces de Fellag, jouées en solo ou avec sa complice Marianne Épin
qui met en scène cette leçon de cuisine.
Fellag coiffe une toque et transforme l’espace en « cooking show
», une cuisine gigantesque. Et le voilà qui enseigne l’art de réaliser
un couscous inoubliable. Légumes, épices, viandes, semoule… Les odeurs
envahissent le théâtre. Fellag fête la fraternité retrouvée entre les
goûts et les couleurs, les frontières et les peuples.
Il est aujourd’hui une indispensable épice dans le boeuf mironton et
s’impose comme le prophète lumineux d’une Algérie débordante d’humour et
de tendresse. |