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En 1758, les salons se saisissent du cas d’une jeune religieuse de
Longchamp, Marguerite Delamarre, enfant naturel que sa mère, par un
chantage affectif, a contraint de prononcer ses vœux.
D’un simple fait divers, Diderot tire un texte anticlérical sans
précédent en même temps qu’une de ses plus grandes réussites
littéraires. Devenue Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot, sans
jamais se départir de sa foi profonde, affronte la compassion mystique,
le harcèlement sadique et l’entreprise de séduction de ses supérieures
successives.
Enfermement, culpabilité, homosexualité, suicide…, aucun des aspects de
ce texte éminemment polémique n’échappe à la remarquable adaptation
théâtrale de Christelle Reboul et Marie-Laurence Tartas.
Sobre, sensible, toujours juste, la mise en scène de Nicolas Vaude
(Molière 1998) vient étayer une distribution au diapason, servie à la
viole de gambe par Christine Plubeau, pour nous restituer ce qui reste
l’une des plus formidables odes à la liberté jamais écrites. |